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 [Présentation] Tagazok, maître de Wisdom

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Tagazok
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Date d'inscription : 19/04/2011

MessageSujet: [Présentation] Tagazok, maître de Wisdom   Mar 17 Mai - 12:59

HRP / Ce post est une composition personnelle de mon entrée chez les mercenaires. Toutefois, il n'est pas révélateur du niveau de RP demandé pour intégrer le mercenariat. Tant que votre histoire est cohérente, sympa à lire et sans faute d'orthographe / grammaire, elle a toutes les chances d'être acceptée.


___________________

Mon nom est Tagazok.

Je suis né, dans ce pays où les corps moisissent, avec des bras morts incapables d'enlacer et de grandes mains inutiles. Ma mère a avalé tant de sentiers, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, que l'eau de pluie m'est passé dans le sang.

Ma peau masque une haute clepsydre impuissante à se tarir.

Nu dans la boue, peut-être me verrait-on par transparence l'écoulement aqueux qui me traverse. Il faudra bien que toute cette eau retourne un jour dans les grands lacs.

A ma naissance, ma mère a lu ma solitude à venir. Ni donner, ni recevoir, je ne saurais pas, jamais. C'était inscrit, dans la paume de mes mains, dans mon refus obstiné de respirer, de m'ouvrir à l'air vicié du dehors, dans cette volonté de résister au monde qui cherchait à s'engouffrer par tous mes orifices, furetant autour de moi comme des vautours sur un cadavre putréfié.

Jusque là, rien n'était parvenu à ralentir la marche de ma mère. Rien n'était venu à bout de son entêtement de femme jouée. Jouée et perdue? Rien, ni la fatigue, ni la pluie, ni la mer, ni les flaques.

Personne ne nous dira jamais combien de temps aura duré notre traversée, combien de nuits ces enfants qui suivaient leur mère ont dû dormir en marchant.

J'ai poussé sans qu'elle y prît garde, accrochée à ses entrailles, pour ne pas partir avec toute cette eau qu'elle perdait sur les chemins. Comme une chauve souris, la tête en bas, je m'accrochais à ma caverne humide, si chaude, si éloignée de ce monde infect à l'odeur nauséabonde. J'ai lutté pour ne pas être du voyage et ne pas l'interrompre.

La vieille qui a arrêté ma mère en lui touchant le ventre, celle qui a murmuré "Il est temps" comme on élève un mur, et qui, armée d'une main et d'une parole, s'est dressée seule face à la volonté furieuse de cette femme grosse d'un enfant arrivé à terme depuis longtemps déjà et qui voulait poursuivre sa route dans les ruelles sales d'Astrub. Cette femme qui arrêta ma mère, elle qui voulait marcher encore, bien qu'elle eût déjà marché plus qu'il n'était possible et qu'elle se sentit incapable de faire un pas de plus, la vieille aux mains blanches comme un fantôme plus fortes que la pluie, celle qui est devenue pour nous comme le bout du monde, la fin du voyage, l'abri, cette femme a lu, elle aussi, ma solitude dans ses paumes, elle qui ne savait pas lire.

Son regard est entré d'un coup dans les viscères de ma génitrice et ses mains sont venues m'y chercher, m'y déloger. Elle m'a ceuillie au fond de la chair où j'étais terré, au fond de cette chair qui m'avait oubliée pour continuer de marcher, et, après m'en avoir libérée, elle a senti que je n'étais déjà plus de ce monde, que j'avais renoncé à cette vie infecte en y posant le premier regard.

Et aucune de ces deux femmes ne savait lire.

Ma soeur, Aneko, s'est longtemps refusée à l'évidence inscrite dans mes mains, inscrite dans mon nom. Et elle a attendu. Elle a attendu qu'un jour, je m'éveille à la beauté du monde. En vain.

Je me souviens d'un temps où les enfants du quartier traînaient autour de chez nous dans l'espoir de me voir passer. Nous n'étions plus nomades. Ma mère avait arrêté de souiller son corps, et travaillait de petits boulots, ça et là dans les rues d'Astrub. Nous, nous jouions, tout simplement. Divertissement pour eux, échappatoire pour moi. Tout ce qui me permettait de disparaître de cet univers amorphe et écoeurant était bon à prendre.

Nonchalamment, adossés aux maisons, seuls ou parfois en groupes, ils me guettaient dans les ruelles et se taisaient à mon approche. Non, je ne suis pas différent de vous, qui écoutez mon histoire. Je n'étais, et je ne suis pas vraiment beau, du moins pas comme Aneko l'était, mais j'avais, paraît-il, une grâce singulière qui les clouaient aux murs. Pauvres petits cobayes impassibles, inutiles, inexistants.

Ma soeur me répétait en riant les confidences des jeunes gens qui les suppliaient de plaider leur cause, ce qu'elle faisait avec un brin de dérision, me décrivant leurs ridicules symptômes de leur amour malsain, leurs bégaiements, leurs regards mous. Je n'y faisais pas attention, tout cela était bien trop proche de cette boue qui m'a vu naître, et qui jamais ne me toiserait de nouveau.

J'avais le choix. Ce n'était pas comme si dans ma famille, les traditions jalonnaient ma vie. Seule Aneko, qui était mon aînée, pouvait jouer d'autorité sur moi. Et elle même ne le faisait pas. Ma mère ? Aussi invisible qu'un voile transparent dans une mer d'amertume... Et je n'avais pas de père pour m'imposer quelconque idée stupide.

Soit, je grandis en autodidacte. Et j'en arrivais à cette opinion aussi simple qu'implacable : dans ce monde, il n'est que chemins. Chacun, un jour, doit en choisir un. Ma famille, apparemment, avait pris celui de la facilité. Aneko devint, en bonne fille, le portrait craché de ma mère, jouant de ses charmes pour que la pénétration soit toujours plus fructueuse. Et moi, je la sauvais des situations dangereuses qu'elle provoquait à coups de langues emplis de dégoût.

Vint le jour où je décidai de prendre une autre voie. L'homme qui abusa de son objet sexuel la laissa pour morte. Et moi avec. Avant, il ne s'agissait que d'imbéciles, bien incapables de lutter ma rage d'être né en ce monde. Mais lui, lui avait cette autre chose qui transformait l'homme en monstre. Cette énergie que l'humanité s'est efforcée au fil des âges d'ériger en maîtresse du monde, esclaves servils d'un pouvoir innomable, et grotesque. Cet homme était disciple d'un grand Temple divin, et milicien de Brakmar, partisan du système qui donne la mort et répand la terreur.

Il est un temps, alors, où l'on décide de changer de vie. Aneko, le visage lacéré, n'eut comme seule réponse que la dépression et le suicide. Ma mère mourut quelques semaines plus tard, dans les volutes oniriques d'une substance qui avait vidé en elle la plus petite part de réalité. En vérité, je les enviais. Mais cette voie, elle ne fut pas la mienne. Tout mon être ne vivait plus que pour l'accomplissement d'une seule et unique envie : faire disparaître de la terre tous ces imbéciles qui s'octroient le pouvoir comme on donne un hochet à un enfant.

On se réveille dans l'obscurité sans plus rien savoir. Où est-on, que se passe-t-il ? L'espace d'un instant, on a tout oublié. On ignore si l'on est enfant ou adulte, homme ou femme, coupable ou innocent. On sait seulement ceci, avec d'autant plus d'acuité que c'est le seul bagage : on est vivant. On ne l'a jamais tant été : on n'est que vivant. Et dorénavant, mon chemin ayant croisé les rangs de Wisdom, je lutterai contre ces milices assoiffées de sang qui se vouent une guerre sans merci, répandant mort et terreur.

Je m'appelle Tagazok et voici mon histoire...

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